Gisèle BONIN

 Née en 1975 à Clermont-Ferrand. Après une maitrise de lettres modernes obtenue à Clermont-Ferrand en 1998, elle entre à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts d’Angers dont elle est diplômée en 2005. Vit et travaille à Angers.

« Je n’aime pas les papiers lisses. Je les préfère épais, granuleux : il faut qu’ils accrochent la mine, lui opposent une résistance, imposent leur marque. La virginité de certaines feuilles me répugne. Ou peut-être est-ce leur silence qui m’empêche d’avancer… »

Gisèle BONIN « Sacré Rouge… : La Perte et le Sablier » -notes de travail ou dessins accompagnés…

Gisèle BONIN ne représente pas les éléments des corps qu’elle dessine.  Elle donne vie aux traces de la mine sur le grain du papier. La peau qui affleure nous parle d’émotions premières, de souvenirs enfouis et d’identités dont l’évidence nous échapperait.

Peu importe que les fragments de corps qu’elle choisit, nombril, cheveux, épaule, pied, poing, genou, dos appartiennent à des personnes réelles. Ils sont bien vivants, créent le trouble et posent question.

Sa démarche s’oppose à celle du photographe qui saisit l’instant du réel. Son travail est « long et lent », physique. Elle cherche derrière le papier, assidument, ce que son crayon peut déceler de vivant ou de reflet de l’âme.

Gisèle BONIN fuit les apparences qu’imposerait la reproduction d’un corps entier ou de l’un de ses détails. Elle n’aime pas ce trait qui enferme dans un contour sans nous parler de l’épaisseur de l’être.

Grain du papier, grain de la peau, grain de la pierre… En 2010, Gisèle BONIN avait travaillé la lithographie avec Le Petit Jaunais pour ses milieux.

Nous lui avons proposé de renouveler cette aventure sur cinq pierres utilisées en passage multiple pour créer cinq œuvres :

M2017

MP2017

PP2017

P2017

PM2017

A ceux qui s’interrogent sur le sens de ces titres lapidaires, nous proposons de découvrir les textes de Gisèle BONIN qui nous dévoilent une partie de son univers. L’autre est dans son dessin.


Gilles BIGOT

Décembre 2019